mercredi, 26 septembre 2007
Je renais (doucement)

Je n'ai pas vraiment le choix, soit je créer à nouveau, j'invente, j'écris. Soit je fais ce que je fais depuis bientôt un mois ici, je redonne à mes anciens écrits un semblant de jeunesse en en publiant des extraits...
Non, je n'ai pas vraiment le choix. Depuis le début le chemin est tout tracé : j'ai comme maigre bagage littéraire, poétique, philosophique, l'équivalant de 16 pages au format A4... C'est peu. Si peu que malgré tout, si je les avaient mises au feu, elle n'auraient pu servir d'amorce à un beau brasier. Elles auraient volé en papillons et vapeurs et auraient disparu. C'est peu, mais ce sont pour moi autant de preuves que j'ai pu réfléchir de manière sensée, ressentir de manière passionnée... Vivre les choses comme on chavire, raisonner comme on plonge sont deux qualités que j'ai manqué de perdre.
Je suis malade, tous les psy honnêtes le disent. J'ai l'impression d'avoir perdu beaucoup de mon "âme", je ne suis plus habité. J'ai fleurté avec la folie, elle a remplacé tout ce qu'il y avait de construit en moi, elle a sucé ma moelle, m'a volé ce regard étonné sur la vie, cette sensibilité extrême qui n'y est pas pour rien dans mon malheur et beaucoup de ma mémoire.
Ces mouvement vifs de l'esprit, je ne les ai pas perdu pour toujours. Évidemment me direz-vous... si vous saviez à quel point la folie peut détruire des êtres et les anéantir.
Mais, il se passe comme un miracle en moi depuis quelques temps : je guéri !
Alors que je me raccroche à ces preuves d'une vie passée riche et que je m'en gargarise, la normalité me revient ! Très lentement bien sûr, mais elle revient. Grâce à des gens certainement, grâce à une relation amoureuse qui m'a fait du bien malgré tout, grâce aux petits efforts que je fais chaque jour, et surtout grâce à... je ne sais quoi. Peut-être que ces passages à l'acte malheureux, deux tentatives de suicide, ont été libératrices. Cette incapacité à agir qui me caractérisait a échoué, deux fois. Pour deux actes insensés, certes, mais pour deux actes importants tout de même.
Finalement cette renaissance que j'attendais depuis plusieurs années, depuis que le shit que j'avais fumé avait commencé à me bouffer le cerveau, survient enfin et je peux, petit à petit, regoûter aux plaisirs terrestres ! C'est une petite révolution en moi qui se fomente et qui un jour sera prête à éclater et quand ce jour viendra... je ne vous dit que ça !
Donc, je commence à réécrire éclairés lecteurs. À nouveau j'invente, je créer.
Preuve que tout n'est pas totalement gagné : j'ai mis plusieurs heures à accoucher de ce qui précède mais cela n'a pas d'importance.
Les textes philosophiques que je vous ai servis me sont apparus à l'esprit dans des moments critiques. Critique dans le sens où je ne maîtrisait pas la cadence, la vivacité de mon cerveau, qui était comme en roue libre puis qui s'éteignait soudain.
Ceux-là je ne vous en resservirais peut-être jamais car désormais, ces fulgurances ne jaillissent plus.
Ça n'a que peu d'incidence sur ma vie, je ne les regretterai pas beaucoup je crois.
Il sont venus comme ils sont repartit, et je ne retrouvais que "mieux" mon mal-être après ces coup de vent.
Alors des textes du passé j'en publierai encore un petit peu sur ce blog mais le vrai défis maintenant, c'est d'écrire comme je viens de le faire, avec labeur mais naturellement.

06:35 Publié dans Audio, Écriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, vie personnelle, folie, guérison, création, réflection, émotions
vendredi, 14 septembre 2007
Le meilleur de mes anciens textes (2006), suite
Voici le deuxième de mes textes écrits en 2006, la même nuit que le précédent donc. Celui-ci porte sur les droits des auteurs, musiciens, programmeurs, cinéastes, etc. bref, sur les créateurs et leurs créations.

Les biens culturels, qui tendent à se dématérialiser, choses magnifiques parfois, étonnantes, nourrissant notre esprit de substances nouvelles, mettant à jour de nouveaux horizons dans notre conscience, ne sont pas pour autant des denrées indispensables.
Un livre, un film de cinéma, un morceau de musique, une émission télévisée ou radiophonique, un logiciel, n'ont rien de tangible, en tout cas pas pour ce qui nous intéresse d'eux en tant que consommateur de culture.
Les émotions (surprise, fascination, colère, exaltation du sentiment amoureux) qu'ils éveillent ne sont pas décemment commercialisables.
Vendre de l'art, de l'information, des objets dont seul l'esprit peut se satisfaire, équivaut pour moi à de la prostitution, métier contre lequel je n'ai rien, il existe, c'est sûr, des prostituées tendres, attentionnées, généreuses, comme il existe d'innombrables artistes "commerciaux" de grand talent.
Mais avez-vous déjà entendu un artiste dire sa fierté d'être une pute, un gigolo, qui coucherait avec des centaines de personnes à la fois ?
Le problème est là : admettre l'indécence du moyen de publication de son art ou, laisser tomber ce moyen pour n'être plus rien d'autre qu'un artiste, qui, véritablement, donne du plaisir aux gens, gratis, sans compter les billets. Obtenant comme seule contrepartie l'expression des vertus que chacun, chaque membre de son public, aura choisi de partager avec lui.
Le créateur n'a pas à revendiquer quelque paternité sur son œuvre puisque sa création est fille de toutes les autres... Son éducation au savoir, ce que sa sensibilité personnelle (fortement influencée par celle des autres) en a fait, ce que son cerveau (semblable à celui de milliard d'homo sapiens ayant foulé cette planète) a construit par dessus (pour sublimer, pour oublier, pour nier, etc.), ne lui sont pas propres, il ne peut réclamer ce mérite. Il les a subis, dès le commencement...
Partant de ce point de vue, on ne peut que souhaiter le changement de leur mode de distribution, et les droits qui leurs sont accordés se devraient d'être restreints, pour permettre leur libre circulation, distribution, copie et modification.
Pourquoi une œuvre, sitôt qu'elle est publiée, de quelque manière que ce soit, est protégée de la copie ?
Ne faudrait-il pas procéder de manière inverse ? Ainsi la restriction des droits sur une création par son auteur serait une démarche... et qui dit démarche dit prise de position. La mise sous copyright serait un acte en soi, anti-libertaire certes, mais qui demanderait un effort de réflexion, de choix. Le choix de la "liberté" ou celui du commerce... de la prostitution.
P.S. : Vous aurez remarqué que j'ai décidé de placer désormais le contenu de ce blog sous licence libre.
00:15 Publié dans Pensées, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, licences libres, droits, création, liberté, œuvre, creative commons



